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Abat-jour : les jeux de forme et les carcasses

Les carcasses correspondent au squelette de l’abat-jour. Ce sont les carcasses qui donnent la forme à l’abat-jour.

Les carcasses des abat-jour sont conçues et fabriquées dans des ateliers par ce que l’on appelle des « carcassiers ».

Réalisées en fil de fer cuivré sur la base de gabarits de tailles et de formes différentes, les carcasses sont assemblées par soudure.

Les carcasses des abat-jour peuvent exister brute ou peinte à la peinture traditionnelle ou époxy blanche, c’est-à-dire, cuite au four, ce qui les protège durablement de la rouille.

Les carcasses des abat-jour se classent suivant deux types : les jeux de forme et les carcasses à proprement parlé.

Les jeux de forme

Les jeux de forme sont constitués de deux éléments distincts. On peut trouver ces jeux de forme sous forme de cercle, de carré, de rectangle, d’ovale, d’hexagone, d’octogone, etc.

Les jeux de forme peuvent être de taille identique pour les formes droites ou de taille différente pour les formes coniques.

Les jeux de forme doivent être identifiés de la façon suivante :

  • L’élément du bas porte une rondelle ou une bague, adaptée au système électrique auquel il est destiné, on l’appelle l’élément « tête »,
  • L’élément du haut s’appelle l’élément « nu ».

Afin de maintenir ces deux éléments « tête » et « nu », il faut utiliser du Polyphane.

Les carcasses

Les carcasses ont un volume dont les deux éléments sont réunis par des branches droites ou galbées.

Il existe une grande variété de formes de carcasses que l’on peut classer par type.

Les carcasses à pans coupés droits : triangle, carré, rectangle, hexagone, octogone …

Les carcasses à pans coupés inclinés : pyramide carrée, rectangle incliné, octogone irrégulier …

Les carcasses à pans coupés galbés concaves (pagodes) : rond, carré, hexagone …

Les carcasses à pans coupés galbés convexes (dômes)

Les ½ carcasses ou appliques : ½ cylindre, à panneaux, à double courbure, Louis XV, en aplat, ovale inversé

Les carcasses avec éléments asymétriques : base carrée et sommet rond, base rectangle et sommet ovale

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Histoire de l’abat-jour

Le terme abat-jour, malgré qu’il soit toujours lié à l’éclairage et à une source de lumière, il revêt des significations différentes selon les situations.

L’abat-jour : source de lumière naturelle en architecture

En architecture, un abat-jour est une ouverture oblique dans un mur, qui permet de donner de la lumière à un lieu qui ne peut en recevoir que d’en haut, par exemple un soupirail pour une cave ou un sous-sol.

Il s’agit d’une ouverture percée obliquement dans un mur pour permettre un meilleur passage de la lumière.

Les fenêtres des églises sont d’ordinaire taillées en abat-jour. Il peut également s’agir un volet incliné ou d’une persienne que l’on pose à l’extérieur d’une fenêtre, d’une ouverture, pour la masquer ou la protéger du soleil.

Exemple d’un abat-jour d’une ancienne fenêtre de prison

Il en est fait mention dans certaines archives : « Ledit vestibule prend jour par un larmier de pierre de taille fait en abat-jour, d’environ deux pieds carrés » (Inventaire de 1’Archevêché de Lyon, 1731).

L’abat-jour : accessoire de diffusion de la lumière

Un abat-jour est un cadre ou un réflecteur généralement en papier ou en tissu fixé sur les douilles de laiton des ampoules électriques. L’abat-jour est souvent pourvu d’une armature en métal, que l’on place sur les lampes afin de rabattre ou adoucir la lumière.

Un abat-jour s’adapte aussi bien sur une lampe d’appoint que sur une lampe suspendue. Il peut avoir diverses formes : carré, conique, dôme, ovale, à pans coupés, tambour …

Les ancêtres de l’abat-jour furent l’écran de lumière et le garde-vue.

L’écran de lumière

Exemple d’écrans de lumière ou garde-vue du XIXe siècle

A gauche : écran de lumière ou garde-vue du XIXe siècle – tissu brodé monté sur pied – musée Perrin du Puycousin à Dijon

A droite : écran de lumière ou garde-vue du XIXe siècle – en papier utilisé à la main comme un éventail – musée Lesecq des Tournelles

Historiquement, il faut remonter à l’inventaire du roi Charles V (1338-1380), pour retrouver des traces des écrans de lumière. Dans cet inventaire, les écrans de lumière figuraient sous deux aspects :

  • Une petite lame de porcelaine, papier, métal, carton ou verre dépoli que l’on plaçait contre un appareil d’éclairage, pour empêcher la lumière de frapper directement les yeux,
  • Un simple panneau de tissu ou de papier, monté sur une armature plus ou moins ouvragée, coulissant sur une tige. Ce panneau devait protéger et du vent et de la gêne causée d’avantage par l’instabilité de la flamme des bougies qu’à son intensité.

Le garde-vue

Au XVIIIe siècle, les écrans de lumière prendront le nom de garde-vue et l’abat-jour conservera cette appellation jusqu’au début du XIXe siècle.

« Le livre journal de Lazare Duvaux », « le dictionnaire critique et raisonné des étiquettes de la cour » ainsi que les « annonces, affiches et avis divers »  y font référence régulièrement.

Le livre journal de Lazare Duvaux

Marchand-Bijoutier Ordinaire du Roy – Tome II

Pour retrouver la première description du garde-vue, il faut remonter à 1750.

Le garde-vue est indiqué à plusieurs reprises dans le Livre journal de Lazare Duvaux.

  • p.78  – 752.-Mme la Marq. de BRIGNOLLES : Un garde-vue de Saxe, monté en or moulu, avec des fleurs de Vincennes, 312 1
  • p.178  – nettoyé un garde-vue, 13 1(…)10 s. — Les ébénistes qui ont rétabli à neuf toutes les tables, commodes, tables de jeu, garde-robes, & une vieille commode dont une partie replaquée, 215 1
  • p.51 – Du 24. — Mme la Marq. de BEUVRON : Un chandelier de métier à reffort, avec le garde-vue dans son étui, 21 1
  • p.85 – un dessus de garde-vue en vert & or, payé à M. Martin, 12 1
  • p.54 – La garniture en argent de deux pots à pommade. — Un garde-vue (…) d’argent. — Le pied du coffre à tiroir, ferré en acier poli
  • p.55 – Du 18. — Mme la Ctesse de BISSY : Un grand chandelier à trois bobèches avec un garde-vue en entonnoir, 48 1
  • p.262 – 2301. — M. de MONTMARTEL : Un garde-vue de métier, 120 1. — Un gobelet à lait de Vincennes, 168 1
  • p.45 – Mme la Vteffe de ROCHECHOUART, douairière : Un garde-vue de bronze doré d’or moulu sur une figure de Saxe & fleurs de Vincennes, 156I
  • p.350 – 3044. — Mme la Princesse de TRIVULCI : Un garde-vue de porcelaine de Saxe, garni de branchages dorés d’or moulu, orné de fleurs de porcelaine, 192 1
  • p.355 – envoyé de Wirtemberg : Un garde-vue à réverbère de fer-blanc & son ressort pour recevoir la bougie, 24 1
  • p.358 – Du 4. — Mme la Princesse de TRIVULCI : Un cabaret la Chine à huit tasses, 21 1. — Un garde-vue à mettre sur la tête, 3 1
  • p.350 – 3044. — Mme la Princesse de TRIVULCI : Un garde-vue de porcelaine de Saxe, garni de branchages dorés d’or moulu, orné de fleurs de porcelaine, 192 1
  • p.355 – envoyé de Wirtemberg : Un garde-vue à réverbère de fer-blanc & son ressort pour recevoir la bougie, 24 1
  • p.358 – Du 4. — Mme la Princesse de TRIVULCI : Un cabaret la Chine à huit tasses, 21 1. — Un garde-vue à mettre sur la tête, 3 1

Le dictionnaire critique et raisonné des étiquettes de la cour

Dans le Dictionnaire critique et raisonné des étiquettes de la cour, des usages du monde, des amusements, des modes, des mœurs, etc, des François, depuis la mort de Louis XIII jusqu’à nos jours, contenant le tableau de la Cour, de la Société, et de la littérature du dix-huitième siècle, ou l’esprit des étiquettes et des usages anciens, comparés aux modernes, par Madame la Comtesse de Genlis, tome premier, page 310, il est fait mention du garde-vue.

« 310 DICTIONNAIRE LAMPES. —Depuis que les lampes sont à la mode, ce sont les jeunes gens qui portent des lunettes, et l’on ne trouve plus de bons yeux que parmi les vieillards, qui ont conservé l’habitude de lire et d’écrire avec une bougie voilée par un garde-vue. 1 i : On convient que les lampes sont pernicieuses pour les yeux, et que même leur odeur est dangereuse, surtout pour les nerfs ; mais qu’importent ces bagatelles, tant que l’on trouvera qu’une lampe a plus d’élégance qu’un beau flambeau! »

Les « Annonces, affiches et avis divers »

Extrait du 31 juillet 1760

Ce qui est intéressant dans cette annonce est que le Seigneur Marigner fait la publicité de ces objets en indiquant que les « nouvelles lampes » … « réunissent plus d’avantages que toutes celles qui ont été imaginées jusqu’à présent … » … et « on peut y adapter un garde-vue »,  tout en nous listant les différentes utilisations possibles de « ces nouvelles lampes économiques ». Elles « peuvent servir pour » … :

  • « pour la nuit, pour la table, le cabinet, les bureaux, cuisines, anti-chambres, offices, réfectoires … »,
  • « & généralement dans tous les lieux & dans tous les cas où l’on employe la bougie & la chandelle ».
Extrait du 25 février 1762

La naissance de l’abat-jour

La fin du XVIIe siècle semble la période durant laquelle a eu lieu l’invention de l’abat-jour. Nous pouvons retrouver l’objet sur une gravure de Nicolas II de Larmessin (1632-1694), qui représente un personnage en habit de ferblanquier.

Le ferblantier (anciennement ferblanquier) est celui qui fabrique ou qui vend des outils ou ustensiles en fer-blanc, souvent ménagers (tels que les casseroles, bassines, assiettes, lanternes…). Il s’agit d’objets en fer recouvert d’une fine couche d’étain.

Nicolas II de Larmessin – Habit de Ferblanquier

A partir du XVIIIe siècle, l’abat-jour le plus représentatif de cette période est sans nul doute la lampe bouillotte. Cette lampe doit son nom au fameux jeu de bouillotte, que l’on pratiquait à l’époque sur une table percée en son centre afin d’y accueillir la lampe et éclairer les joueurs.

La table bouillotte est une table volante et légère munie d’un plateau rond reposant sur une ceinture à tiroir et munie de quatre pieds droits.

Cette table de salon tire son nom du jeu appelé la « bouillotte » qui est une version ancienne du poker très à la mode à la fin du XVIIIe siècle. L’éclairage de la table était assuré par une lampe à abat-jour réglable appelée lampe bouillotte.

Nous avons un très bel exemplaire d’une lampe bouillotte répertorié dans l’inventaire du château de Versailles, rédigé en 1788. Dans cet inventaire, il est décrit dans le Salon des Jeux « une girandole à garde vue à trois branches de cuivre, tige cannelée, les branches et bassins à chapelets. 10 pouces (325mm) de haut de dessus les bobèches, le pied de 6 pouces (162mm) de diamètre».

Cette lampe bouillote présente un décor de cannelures et de perles, un abat-jour de tôle peinte à guirlandes de perles.

Les lampes bouillottes de la fin du XVIIIe sont relativement rares ; celle-ci présente en outre une ciselure et une dorure de grande qualité.

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Nicolas II de Larmessin

Nicolas II de Larmessin est né en 1632 et il est mort en 1694. C’est un graveur et éditeur français qui était installé à Paris à l’enseigne de La Pomme d’Or.

Nicolas II de Larmessin est principalement connu pour ses estampes représentant les rois de France, depuis Pharamond jusqu’à Louis XIV, les reines de France et plusieurs papes.

Fils d’un marchand libraire également prénommé Nicolas, il est le frère ainé de Nicolas III. Il fut l’apprenti du graveur et marchand d’estampes Jean Mathieu, puis il épousa Marie Bertrand.

Marie Bertrand était la fille de l’imprimeur,  l’éditeur et le marchand d’estampes Pierre Bertrand.

Nicolas II de Larmessin reprit l’enseigne de son beau-père, La Pomme d’Or, située rue Saint Jacques à Paris et il devint lui-même éditeur.

Ses œuvres les plus représentatives sont des planches connues sous le nom des Costumes grotesques, représentant chacune un métier différent.

Nicolas II de Larmessin a réalisé une série de 97 gravures représentants des personnages de l’époque composés des outils et des productions de leurs métiers.